d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue."
Il n'a pas eu le temps d'allonger la pile des livres à lire. Il m'a été prêté ce jour par une personne à qui j'ai fait découvrir Delphine de Vigan en lui prêtant le précieux "les heures souterraines" dès que je l'avais eu terminé.
Je l'ai lu ce soir lors de mon trajet retour de TGV.
L'écriture est semblable. L'histoire magnifique. L'amitié et l'amour, le confort et la détresse, la famille et l'isolement, les joies et les douleurs, un quotidien comme on peut en connaître - si l'on reste spectateur, un quotidien que nous pourrions aider certains à mieux vivre - si l'on était courageux. J'y ai retrouvé la même urgence, qui a conduit ma lecture, comme elle avait conduit celle de "les heures souterraines" il y a quelques semaines.
Et comme des litanies, "les choses sont ce qu'elles sont". "On est capable d'ériger des gratte-ciel de six cents mètres de haut, de construire des hôtels sous-marins et des îles artificielles en forme de palmiers, on est capable d'inventer des matériaux de construction "intelligents" qui absorbent les polluants atmosphériques organiques ou inorganiques, on est capable de créer des aspirateurs autonomes et des lampes qui s'allument toutes seules quand on rentre chez soi. On est capable de laisser des gens vivre au bord du périphérique."