Arrivés en région lyonnaise, au gré d'une invitation amie un dimanche de début 2009, en plein hiver, faire une incursion en Saône-et-Loire, région que nous avions découverte il y a quelques années lors de vacances estivales. Quitter ce cocon et laisser germer doucement les idées, les envies, les projets. Se frotter à leur réalisation avant l'été, en vain. Oublier, tester autre chose, finalement y revenir. Voyager, laisser grandir. Rentrer, et en échangeant avec ces mêmes amis remettre un peu d'énergie dans ce projet, sentir que oui, c'est bien ce que nous voulons l'un et l'autre - et les enfants aussi par la même occasion.
Programmer de nouvelles visites, partir un samedi matin sans grand enthousiasme après que mon époux ait estimé les biens ciblés trop petits. Allions-nous parvenir à nous entendre, lui et l'envie de grands espaces, moi et l'envie d'un espace raisonnable.
A la deuxième, c'était celle-là.
La couleur de ses pierres. Les arbres du jardin, le tilleul visible depuis la fenêtre de la cuisine. La pierre d'évier. Le four à pain. Les dépendances qui un jour pourraient accueillir atelier et grandes tablées. Le puits. Le portail en chataîgnier. La vue depuis le jardin, sans limite, rien qui ne retienne le regard.
Je retrouvais des éléments de celle au sein de laquelle je m'étais sentie tout de suite bien. Je crois que c'est grâce au tilleul, point commun.
Ce samedi matin, repartir. Première étape de ce chemin en famille. Un SMS de nos amis, partis en voyage, qui nous assurent de leurs pensées. Signer le compromis.
Rentrer, et le long du chemin laisser mon regard suivre le cours du ruisseau qui serpente dans les herbes.