Sans doute étions-nous un peu fous quand, malgré l'état de la route constaté vendredi, nous avons maintenu le déménagement à ce samedi - nous avions payé d'avance la réservation, alors...
Par prudence nous n'avons pas trop chargé le camion - mais du coup, il en reste encore quelque peu...
Vendredi soir et hier matin, moults tergiversations, quant à l'intérêt que j'y aille moi aussi, ou pas. Finalement j'y suis allée, parce que j'ai entendu le découragement de mon homme hier matin, en chargeant le camion, parce que je me disais qu'au moins avec notre voiture nous pourrions nous sortir de situations délicates.
Ils sont partis à deux dans le camion, moi dans notre voiture, avec ma fille cadette et une de ses amies - avides de luge dans le jardin.
Nous avons repris la route empruntée vendredi, pour assurer les conditions du trajet au maximum : le plus d'autoroute, le plus de nationale. Il faut bien quitter ces grands axes et emprunter départementales ou communales.
C'est là que le bât blessa : environ 500m avant la maison, la voiture a commencé à patiner - eux derrière moi montaient sans problème. Et puis j'ai du m'arrêter, la voiture ne faisant que glisser sans réel contrôle, et mon homme a installé les chaînes en moins de 5mn, grâce à l'entraînement de la veille - il y avait passé environ 30mn.
Je suis repartie, toute heureuse, les deux filles rassurées aussi.
Mais le camion, lui, n'a pas pu reprendre sa route.
Alors nous en avons appelé à la solidarité de notre voisin Guy, agriculteur, salué la veille. Il a rassemblé en quelque temps 2 tracteurs, qui ont remis le camion dans l'axe de la route, et l'ont tracté jusqu'en haut de la côte. Nous y avons laissé le rétroviseur droit du camion, cela nous coûtera sans doute très cher, mais après tout, ce n'est que du matériel.
Le camion entré dans le jardin, nous avons déchargé à 3, assez vite, mais épuisés.
Retour dans la nuit, dans la neige. C'est étrange comment nous parvenons à puiser dans nos ressources pour avancer, coûte que coûte, et rentrer à bon port.
* Hier, nous fûmes fous.
* Hier, pour la deuxième fois, nous avons pu compter sur l'aide si précieuse de Lubomir, un collègue de mon homme. Le coeur sur la main.
* Hier, nous avons commencé à tisser des liens avec nos voisins agriculteurs, si prompts à nous aider, solidaires.
* Hier soir, une fois couchés, nous nous sommes endormis en moins de 5 secondes.