Par où commencer ?
Il y eut cette arrivée ici, un appartement à trouver rapidement, et qui nous permette de faire une transition entre notre vie en maison, en banlieue, et une vie en appartement, en pleine ville. Il fut déniché, et nous y avons emménagé. Il est lumineux et spacieux. Rien à lui reprocher, une fois que l'on s'est habitué aux vis-à-vis de béton, les immeubles voisins. Les fenêtres voisines, les vies des voisins. Une fois que l'on a accepté que la propriétaire ne souhaitait pas l'entretenir mieux qu'il ne l'était, malgré le loyer élevé.
Il y eut ce désir d'eau, pour moi, de forêt, pour lui, de campagne, pour nous, d'espace. De mettre les mains à la pâte et de bricoler, plaisir que nous ôte la vie de locataire.
Il y eut cette re-découverte de la Saône et Loire grâce à nos amis. Les paysages vallonés, verdoyants, les fermettes de pierre, nous étions séduits.
Il y eut cette quête débutée aux beaux jours de 2009 ; un coup de foudre un peu déraisonnable, avec le recul, et qui n'a pas abouti. Une maison qui avait parlé à mes tripes, en haut d'une colline, qui abritait un tilleul, des cerisiers. Une maison pleine de charme où tout était à faire. Une maison dont son propriétaire n'a pas voulu se séparer aux conditions qui étaient les notres.
Il y eut d'autres réflexions, d'autres pistes, d'autres tentatives, si différentes : visite d'appartement en vente dans notre quartier, là encore un essai, une tentative, abandonnée.
Tout stopper le temps d'une semaine lusitanienne. Oublier cette recherche d'un autre toit.
Rentrer, et se laisser à nouveau habiter par ce projet d'ailleurs au calme.
Il y eut une visite tout près de chez nos amis, mais non, rien à notre goût.
Il y eut deux autres visites, ensuite. La seconde fut la bonne. Une maison moins charmante à l'intérieur, mais chaleureuse dès que l'on peut l'apercevoir. A flanc de colline, au dessus d'un village. Devant la forêt. Entourée de pâturages. Les pierres de ses murs. Le tilleul.
Ce fut elle, pour nos temps de repos, nos temps de bricolage, nos temps de terre, nos temps d'ailleurs, nos temps de calme.
Il y eut nos recherche d'un autre toit en ville, en parallèle. Trouver plus petit (ce n'est a priori pas difficile), dans notre quartier, dans un budget plus réduit. Trouver et postuler. Après deux échecs - un propriétaire qui ne prévient pas la Régie qu'il a trouvé un locataire par lui-même, ou un appartement pour lequel un dossier a été déposé alors que l'on nous assurait qu'il était libre - et des visites non concluantes, il y eut celle d'un appartement qui a priori ne nous intéressait pas - de par l'image que nous avions de l'immeuble - trop grand.
Et puis, et puis, mes parents étaient là, mon papa est passé devant l'immeuble en question. Ce n'était pas le grand immeuble auquel nous pensions, mais un ensemble plus petit.
Je le visite seule, un jour de RTT. Dernier étage, comme aujourd'hui. Pas de vis-à-vis, et une vue qui ouvre ma respiration. Depuis le balcon, le fleuve, là, à nos pieds. Les Alpes et le Mont-Blanc, plus loin. Sa luminosité. Un peu défraîchi.
Il y eut l'acceptation de notre candidature.
Il y aura donc deux déménagements, l'un dans la ville, à la fin du mois, l'autre vers la campagne, fin février.