C'est ainsi que cette semaine j'ai terminé "Un roman français" de F. Biegbeder, prêté par Juliette bien avant qu'il ne soit prix Renaudot - sans ce prêt je n'aurai jamais lu ce roman, ne serait-ce que par le côté people de l'auteur. Je l'avais débuté puis abandonné après quelques pages au profit d'autres dont l'écriture m'emporte dès les premières lignes. Juliette m'en a reparlé, et elle a su trouvé les mots pour attiser ma curiosité. Je l'ai donc repris dès le début. Ce n'est pas un roman attachant. Au début les allers-retours entre sa garde à vue et son enfance me pesaient, puis finalement ils sont devenus plus logiques à mes yeux. On chemine avec lui qui retrouve petit à petit les bribes de son enfance. Dans le dernier tiers du roman, il y a un déclic qui se produit. Il devient plus proche de ce que nous sommes, plus "humain". Je reste donc sur une note positive.
Mercredi je rends à Juliette ce roman terminé dans le train le mardi soir. Et dès mercredi matin, toujours dans le train, j'entame un roman que je me réservais depuis longtemps - et Juliette me l'a apporté mardi. Je ne l'avais pas acheté, je le regardais puis le reposais, certaine qu'il m'absorberait toute entière - et je repoussais ce moment. Comme si je gardais en réserve le moment fort qu'il m'offrirait une fois que je le lirai.
Il s'agit "D'autres vies que la mienne" d'E. Carrère. Les mots me manquent tellement ce roman est touchant, dur par les situations décrites mais doux de tout l'amour et de toute l'humanité des personnes qui le jalonnent, qui le structurent... Un roman extraordinaire et bouleversant, et vrai. Un de ceux que j'emporterai sur une île déserte.