Par eb
C'était l'un des risques que nous avions mesurés et que nous avions conscience de prendre en quittant une région adoptée depuis 14 ans pour une autre.
Il nous avait fallu du temps pour tisser un réseau social et amical enrichissant, supportant les temps de silence de chacun, les rythmes différents, les départs vers d'autres horizons de certains. Les dernières années avaient été si riches, nous avaient tant offert sur le plan amical.
Au départ il y avait eu la scolarisation des enfants et mon investissement dans la vie associative périscolaire.
Puis la création d'une association autour de la broderie.
Les collègues avec qui les affinités sont autres que liées à la seule entreprise qui nous emploie.
Les rencontres magiques de la blogosphère.
C'était là-bas.
Ici mon investissement associatif est limité du fait de mon emploi du temps. Il me permet d'être active mais ne m'autorise pas la participation aux réunions générales. De quoi élargir mon champ. J'attendrai la prochaine année scolaire.
Mes deux jours lyonnais me permettent à peine d'esquisser quelques échanges plus agréables que les échanges strictement professionnels avec l'une de mes collègues.
Ici personne ne passe à l'improviste (à part les amies de Pauline ; parce que cette solitude sociale ne concerne heureusement pas nos enfants). Et la réciproque est vraie.
La grande table de la salle à manger n'est plus le théâtre de joyeux repas partagés. Elle est annexée comme bureau. La vaisselle reste rangée. Le cristal ne tinte pas.
J'imagine que cela aura une fin. Qu'un autre réseau de proximité, de quotidien, va se tisser, petit à petit, et enrichir le premier. Que je vais devoir utiliser mes trésors de patience. Sans regret pour autant. J'ai déjà fait l'heureuse connaissance de Dame Oiselle. J'attends le printemps.
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