5 844 jours que mon coeur
bat plus fort.
Les petites choses de ma vie
5 844 jours que mon coeur
bat plus fort.
[Depuis le balcon, Lyon - Jeudi 3 novembre, 7h]
Je ne pouvais pas démarrer cette journée sans fixer la lumière du matin, une fois de plus. Un matin particulier, celui de son retour après 11 semaines d'absence. Je
la serre dans mes bras et toute chose retrouve sa place.
De certains cieux qui se laissent admirer, qui ne cessent de me surprendre, j'imagine parfois voir apparaître les mains de Dieu et d'Adam.
[En haut : Lyon, depuis ma cuisine - 19 septembre 2011, 19h40]
[En bas : extrait du plafond de la chapelle Sixtine, peint par MichelAnge, site du Routard]
Le coeur est lourd et pourtant
Tout au fond la joie et l'excitation partagée
Autour de ce départ
Pour 11 semaines de l'autre côté de l'océan
Encore plus loin
De l'autre côté
A un jet de l'autre océan, le Pacifique
A découvrir, t'émerveiller, apprendre, comprendre, connaître
Dans la famille de celle qui t'attend impatiemment.
Nous nous t'attendrons
Patiemment
Sans chercher à combler le vide
Curieux de ce que tu auras vécu
Nous accueillerons ton retour
Comme l'enfant prodigue
Espérant que tu partageras avec nous
Un peu de ce que tu auras vécu, senti, goûté, entendu, vu.
Il y a 40 ans je suis entrée dans la lumière d'une chaude après-midi d'été. Depuis, je ne cesse d'aimer observer les jeux qu'elle fait avec ce qui m'entoure.
Trois perles de terre engobées de cuivre, émaillées, montées sur un fil de coton. Les autres pépites
attendent leur tour. Clin d'oeil à deux colliers de terre qui ont accompagné mon enfance. Un vert amande, et un rose dont 2 perles avaient perdu leur émail à force d'avoir été portées à ma
bouche.
Hier en rentrant de mon atelier du jeudi soir, je me sentais une reine. Sans doute mon dos léger grâce à mon kinésithérapeute. Sans aucun doute le tissage des brins d'osier. Le travail du fil, quel qu'il soit, est ce qui m'apaise le plus, m'absorbe. Le temps est à la fois long et court. Mes mains ne veulent pas s'arrêter. "Dis Claude, je peux le poursuivre chez moi ?".
Mon plateau d'osier tressé, parfaitement régulier. Mes mains savent, mes doigts filent et trouvent la position qui convient. Mon nez reconnaît l'odeur des brins d'osier mouillé. J'oeuvre debout. Les brins souples s'agitent au grès des passages en avant ou en arrière. Ils balaient délicatement l'air.
A côté de moi, la terre cuite qui tinte si joliment quand elle se pose ou s'entrechoque.
Cela m'a nourrie et m'a permis d'absorber aujourd'hui de tout autres bruits.
Les mots entendus qui interrogent. Qui pourraient me préoccuper.
Ils n'ont fait que me traverser.
Pour Noël, dans une petite boîte, elle m'a offert des extraits de poèmes. Trente petits papiers, chacun portant un extrait. Joie de l'ouvrir tous les matins. Elle prépare ceux du mois suivant.
Ce soir, une enveloppe épaisse dont je reconnais la provenance. Une promesse de poésie, dont je me réserve la surprise tous les mois. Des mots nuage, des mots échelle. Des mots doux.
Il y a quelques années, son calligramme, un trésor que je conserve précieusement.
Dans quelques heures nous reprenons la route. Mardi en quittant le cocon parental j'avais comme point de mire notre cocon familial, notre nid, notre antre, notre refuge. Les heures s'écoulent et bientôt nous serons tous les quatre dans le froid, et sitôt la porte ouverte en train
d'allumer le feu du foyer - ma vie est une histoire de cheminées
d'admirer l'avancement des travaux
de respirer avec tout notre corps
de compter les étoiles si les nuages leur laissent le champ libre
d'écouter le silence
de nous regarder et de nous dire "comme nous sommes bien ici"
Je vous souhaite une soirée scintillante.