Deux semaines que je me prends en mains pieds. Une fois par semaine, après le dîner, ressortir dans la nuit et parfois le froid. Regagner une maison grise, toute
en hauteur, à quelques rues de chez moi. Sonner et attendre, quelques secondes. En profiter pour regarder autour de soi.
Admirer le rideau multicolore. La lampe du perron s'éclaire, elle arrive.
M'ouvre le portillon.
Formules de politesse échangées, me glisser derrière elle dans le jardin. Atteindre la pièce de bois, au fond du jardin. Y pénétrer, être entourée de la chaleur, de la douce
lumière et des parfums dégagés par le bois et les huiles essentielles qui y sont diffusées.
Déposer mon manteau, mon écharpe. Me déchausser, ôter mes chaussettes.
Parler un peu de ce que je vis en ce moment (en quelque sorte, le "pourquoi je viens"). M'allonger, enlever mes lunettes de mon visage. La laisser prendre en mains mes pieds, et
par là-même, lui confier "ma remise sur pieds".
Apprécier. Laisser la douleur s'exprimer. Le bien-être aussi.
Echanger encore quelques mots. Ecouter le stylo glisser sur les pages de son cahier, où elle note ce qu'elle a fait.
Me rechausser, me couvrir, et ressortir affronter le froid, la nuit. Rentrer. Boire une tisane au coin du feu, chez moi.
Les jours suivants, constater des changements intérieurs, être interpelée par les changements extérieurs positifs que les autres remarquent. Etre à l'écoute de soi. Repérer les collègues qui me
pompent littéralement toute mon énergie.
Décider de continuer cette séance hebdomadaire de réflexologie plantaire, ma vraie béquille dans ma vie professionnelle éprouvante.
Alors que le cours d'aquagym (45 mn) , auquel je participe depuis 3 ans,
- me fait du bien car il muscle mon dos, et les autres parties de mon corps,
- me permet d'oublier tout le reste car je suis concentrée à bien faire, et je vis le moment présent (i.e. sans penser à mille autre choses),
- me dispense généralement de courbatures (parfois un peu les bras...),
- me satisfait au niveau de l'effort demandé (musculaire, cardiaque),
je me rendais compte depuis plusieurs semaines que je n'y allais plus avec l'entrain d'avant.
J'ai choisi chaque année de réitérer avec le même prof (pour les raisons évoquées au point 4, et parce que le créneau horaire me permet de ne pas devoir jongler avec d'autres
contraintes pour y aller). J'en vois désormais les effets négatifs, aussi : c'est toujours les mêmes exercices (pas toujours dans le même ordre).
Hier je me suis surprise à regarder l'horloge de la piscine. Au bout d'un quart d'heure.
La première de l'année... une liste de petites choses pour que 2008 soit, toutes choses égales par ailleurs, différente de 2007
:
- Ne plus boire de café des machines à café (il n'est pas très bon, trop sucré... : autant s'en passer). En boire
moins, mais du meilleur.
- Manger un kiwi par jour : vitamine C, fibres, et plein d'autres avantages... dont les effets similaires à ceux de l'aspirine quant à la circulation sanguine, sans ses
inconvénients.
- Mieux accepter l'autre comme il est : mettre en parenthèse les rêves de relation comme il en existe seulement dans
les livres...
- Laisser plus de place à l’improvisation dans ma vie personnelle, prendre le temps...
- Une soirée à deux régulièrement : tous les deux mois (la fréquence peut
devenir mensuelle si nous y parvenons), un moment à deux, en confiant les enfants à une baby sitter. Voir un film, une pièce, dîner...
- M'offrir régulièrement (tous les mois ?) une séance de réflexologie plantaire, avec un objectif thérapeutique précis (et pas seulement "pour me détendre").
- Se limiter à l'achat de deux livres par mois, maximum, quel qu'en soit le format, le thème. Ca ne limite pas le nombre de lectures...
- Participer régulièrement aux réunions d'anciens de l'INTD... (qui ont lieu à partir de 19h, en semaine, en plein Paris... je vais y arriver !).
- Savoir offrir à mes filles du temps pour chacune d'elle, en "tête à tête", sans culpabilité aucune...
et ce que je veux poursuivre, continuer à faire grandir :
- mes relations avec mes amies et amis
- mon assiduité aux cours d'aquagym
- déposer mes soucis professionnels à la porte de la maison, puis les chasser jusqu'au lendemain après en avoir discuté avec mon homme... ça soulage !
- une culpabilité atténuée quand l'équilibre fragile "vie familiale / vie
professionnelle" penche trop du côté professionnel... je sais que j'ai un réel appui de ce côté-là, avec mon homme.
Du concret et presque mesurable, de l'atteignable...
Dimanche 30 décembre 2007
Depuis quelques jours mon petit-déjeuner ressemble à ça :
un jus de fruit
du thé wulong (ou oolong)
du panetone (délicieuse brioche italienne comprenant des raisins secs et de l'écorce d'orange confite)
Et ce matin, j'ai même pu profiter du lever du soleil...
Dimanche 16 décembre 2007
Une scoliose à l'âge de la pré adolescence, contrariée ou enrayée avec de la kiné. Deux grossesses avec une prise de poids très (pour ne pas dire trop)
importante. Des lombalgies fréquentes, soulagées par de l'allopathie, des séances de kiné, des visites chez un ostéopathe.
Puis l'inscription à des cours d'aquagym, à raison d'un par semaine en dehors des congés scolaires. A l'issue de la première année du mieux mais l'été fut difficile, dix semaines sans cours, mon
dos s'en ressentait. Après la deuxième année, j'ai senti une vraie amélioration. J'ai entamé ma troisième année, convaincue d'avoir trouvé l'activité qui m'assurait durablement une ceinture
abdominale, un dos, plus musclés, en "douceur"...
C'est le moment de la semaine où j'oublie tous les soucis, concentrée et appliquée à faire bien. Sortir de l'eau et regagner le vestiaire glacé : je me demande parfois si je n'ai pas adopté les
habitudes nordiques...
Départ retardé, mais arrivés tout de même le 30 au soir, à Colmar. Regagner à pieds, en traversant la ville endormie mais illuminée, l'appartement loué par mes parents. S'y poser,
s'y reposer, y dormir, avant, le lendemain, de découvrir la ville de jour. En commençant par le musée, au calme (et au frais).

un week-end attendu depuis qu'il est programmé. Une échappée en famille, pour rejoindre le temps d'un week-end, l'Alsace. Retrouver mes parents et redécouvrir Colmar. Dans le froid
de l'hiver annoncé, dans la chaleur et la lumière des marchés de Noël.
Deux jours qui promettent d'oublier le quotidien tellement lourd et pesant. La hiérarchie immobile. Le management inexistant. Les déceptions humaines, avec ceux-là mêmes qui souhaitaient
s'assurer de mon retour à l'issue de mon année de formation.
Heureusement il y a aussi d'agréables découvertes. Et l'émerveillement renouvelé de voir mes filles grandir.
Rentrer dans la période de l'Avent.